Solidement ancré dans notre vocabulaire, miroir de l’évolution de notre société, le stress nous touche tous à un moment de notre vie. Les mécanismes du stress répondent à un scénario bien huilé, qui nous permet de nous adapter. Et pourtant, le stress met notre santé à rude épreuve.
Le stress, une réaction d’adaptation de l’organisme
En 1925, Hans Selye, médecin endocrinologue, constate que l’état de santé des souris de laboratoire se dégrade lorsqu’elles sont soumises à un facteur de stress. Il en déduit que leur corps développe un “syndrome général d’adaptation”, qu’il appelle stress.
Approfondissant ses recherches, Selye observe trois étapes successives : l’alarme, la résistance et l’épuisement. Dans la première phase, le corps se mobilise. Puis, il s’adapte au traumatisme pour agir de manière durable. Enfin, arrivé à épuisement, il n’a plus les moyens de lutter, ses ressources diminuent.
En situation de sprint ou d’endurance, le stress a un coût
Si le stress est une réaction nécessaire de l’organisme, il n’est pas sans conséquence selon les situations vécues. Imaginez une action collective, avec une équipe sur le front, prête à apporter rapidement et efficacement de l’aide et une base arrière précieuse pour assurer le ravitaillement.
En situation de stress aigu, notre corps libère l’équipe avant, les catécholamines parmi lesquelles la fameuse adrénaline et le cortisol. Elles permettent d’apporter rapidement et massivement de l’oxygène à notre cerveau, notre coeur et nos muscles, pour leur donner de l’énergie.
Notre corps en ressent les effets immédiats : notre fréquence cardiaque augmente, notre respiration s’accélère, nos muscles se contractent, nous transpirons, nous rougissons, nous digérons moins bien.
Si la situation s’installe dans le temps, notre organisme change de stratégie et mobilise la base arrière. Notre cerveau commande alors de libérer des glucocorticoïdes qui approvisionnent notre corps avec le carburant dont il besoin, le glucose.
Les conséquences sur la santé sont alors nombreuses et plus difficiles à corriger. L’immunité, le système cardiovasculaire et le ralentissement du vieillissement sont altérés. Nous sommes également plus enclins aux insomnies, à l’obésité et à des dysfonctionnements d’ordre cérébral tels que les angoisses, la dépression, les changements d’humeur, les pertes de mémoire, les troubles de la concentration.
Le stress met donc en jeu le fonctionnement global de l’organisme. Il implique une dépense d’énergie, qui, si elle est intense ou chronique, peut altérer notre santé et notre efficacité.
Gérer son stress, une affaire d’équilibre ?
Bien gérer son stress reviendrait donc à avoir une réaction adaptée face à la situation vécue. Nous voyons poindre les ingrédients d’une bonne gestion du stress : notre perception des situations vécues et la manière avec laquelle chacun est en capacité de réagir à un moment donné.
Gérer le stress dans le domaine professionnel n’est donc pas qu’une affaire individuelle. Cela nécessite d’agir en amont sur les conditions de travail pour éviter ou réduire les situations de stress. Un diagnostic du travail réel permet d’identifier les facteurs de stress et de prendre les mesures nécessaires pour les corriger.
Sur le plan individuel, il est possible d’aider les personnes à modifier leur perception des situations vécues et leur comportement, pour qu’elles gagnent en efficacité et retrouvent la santé. Une analyse fonctionnelle lors du premier entretien permet de comprendre le mode de fonctionnement de la personne, de cerner les difficultés à traiter, et d’utiliser ensuite les méthodes d’accompagnement les mieux adaptées.
- Et vous, avez-vous déjà observé comment le stress agit-il sur vous ?
- Quelles situations vous prennent le plus d’énergie ?
- Comment souhaiteriez-vous pouvoir réagir ?
Mes conseils Biblio :
- Cungi, C. (2003). Savoir gérer son stress en toutes circonstances. Retz : Paris.
- Légeron, P. (2003). Le stress au travail. Odile Jacob : Paris.